MÉTHODE GAPS

La Méthode Gaps

Le syndrome entéropsychologique ou GAPS (Gut and Psychologic Syndrom) du Docteur Natasha Campbell Mc Bride

 

Le Dr Sydney Valentine Haas, pédiatre du début du XXe siècle, soigna de nombreux enfants souffrant de problèmes digestifs en supprimant les sucres, créant ainsi le régime des glucides spécifiques. Quand on découvrit que la maladie cœliaque était une allergie au gluten, on recommanda le régime sans gluten aux patients souffrant de cette affection et le protocole du Dr Haas tomba dans l’oubli. Les patients qui présentaient d’autres troubles digestifs n’en bénéficièrent plus.

 

Elaine Gottschall, biologiste, rencontra ce médecin alors âgé de 92 ans, les chirurgiens projetant de retirer une grande partie du côlon à sa propre fille. Le régime du Docteur Haas lui permit de guérir. Elaine Gottshall entreprit alors des recherches pour apporter une explication scientifique à ce phénomène. Elle l’appliqua à des centaines de patients et remarqua que ceux qui en profitaient le mieux présentaient également des troubles du comportement.

 

Plus tard, Natasha Campbell Mc Bride, neurologue, chirurgienne du cerveau, diplômée en nutrition humaine, chercha à aider son fils diagnostiqué comme autiste. Constatant que sa propre spécialité n’avait rien à proposer, après de nombreuses recherches, elle lui fit suivre ce régime et il guérit. Elle fit de même avec des centaines de patients souffrant d’affections neurologiques ou psychiatriques, faisant évoluer le protocole au cours de sa pratique.

« On ne peut que se réjouir de voir enfin cette complicité entre intestins et cerveau révélée aux professionnels de la santé, aux patients et à leurs proches »

George Mouton

Elle découvrit que près de 100% de ses patients présentant des problèmes neurologiques ou psychiatriques souffraient en plus de problèmes digestifs. Pour la médecine conventionnelle, cela n’était qu’une coïncidence. Pour elle, il devint évident qu’il s’agissait d’une cause. Elle utilisa alors l’alimentation comme premier soin, convaincue que le point commun entre des maladies aussi diverses que les problèmes de comportement, l’autisme, la dépression, la schizophrénie, l’épilepsie, la dyslexie ou l’hyperactivité, était l’intestin. Elle donna à l’ensemble de ces troubles le nom de syndrome entéro-psychologique.

«Toutes les maladies commencent dans l'intestin»

Hippocrate

L’intestin étant stérile chez le bébé, c’est en naissant qu’il avale les bactéries vaginales de sa mère (dont l’origine est intestinale) et ainsi développe sa propre flore. Celle-ci est composée de trois types de bactéries : les bénéfiques, les opportunistes présentes dans l’intestin sain mais limitées par les bénéfiques et les pathogènes, provenant principalement de l’alimentation.

 

Quand tout va bien, elles vivent en équilibre, en symbiose, se nourrissant et se contrôlant les unes les autres, assurant des fonctions vitales comme la protection contre les virus et les bactéries pathogènes, la neutralisation des toxines, la protection des envahisseurs. Elles garantissent l’équilibre du système immunitaire. Elles assurent l’ultime phase de la digestion et l’absorption des nutriments. Au besoin, elles fabriquent des vitamines.

Pour cela, il est nécessaire que la muqueuse soit en bon état. Ainsi, les bonnes bactéries peuvent la tapisser et la protéger des mauvaises bactéries, qui sinon la détériorent en la rendant hyperperméable ou poreuse. Comme dans la nature il s’agit d’un véritable écosystème dont l’environnement est la muqueuse et les microorganismes sont les bactéries. Si l’équilibre est rompu, qu’une dysbiose s’est installée, la muqueuse laisse passer des aliments incomplètement digérés, des microbes et des toxines. Le système immunitaire, dépassé, les laisse pénétrer dans le sang. Ils épuisent le foie, organe de désintoxication, et sont distribués dans tout le corps, traversant parfois la barrière hémato-méningée et perturbant le fonctionnement même du cerveau.
L’absorption étant diminuée, les malades souffrent en outre de multiples carences.

 

Différents facteurs contribuent à provoquer une dysbiose, dont principalement :

– les antibiotiques à répétition – certaines bactéries résistantes comme le clostridium ou le candida albicans en profitent pour se multiplier et occuper la place pendant que les bonnes bactéries se rétablissent ;

– une alimentation déséquilibrée et une mauvaise mastication,

– la pilule anticonceptionnelle,

– le stress à répétition mal géré,

– les infections,

– l’alcool,

– la pollution,

– les radiations

– certains travaux dentaires

«Le rôle de la flore intestinale est encore trop souvent négligé par le monde médical»

Professeur Montagnier

Pour rééquilibrer la flore et sceller la paroi intestinale, on procède principalement à un changement alimentaire.
Pour cela, on retire tous les aliments transformés : chauffés à haute température ou contenant des produits chimiques, conservateurs, arômes, colorants, etc. qui ne sont pas reconnus comme aliments par le système immunitaire, deviennent source d’intoxication, créent des intolérances et sont bien souvent neurotoxiques.
On consomme de préférence des aliments biologiques. On retire ce qui est long à digérer : les glucides complexes comme les sucreries, les féculents et les céréales. Difficilement absorbés chez des patients dont le système digestif est perturbé, ces glucides séjournent dans l’intestin et fournissent le combustible aux mauvaises bactéries. Seuls les glucides simples contenus dans les fruits et légumes, le miel et les produits laitiers fermentés sont autorisés, car digérés rapidement.

 

On apporte ce qui reconstruit les cellules endommagées de l’intestin en mangeant quotidiennement du bouillon d’os, de viande et de poisson, vieux remède connu pour son effet réparateur sur la muqueuse. On consomme des protéines animales très digestes en veillant bien à ce que les viandes proviennent d’animaux élevés en plein air, nourris d’herbes variées. Demandez à vos grand-mères. Avec un peu de chance, elles ont la mémoire de ce soin. Plusieurs patients m’ont raconté qu’ils se rappellent avoir eu dans leur famille un grand-parent qui s’affaiblissait, dépérissait et a été sauvé par les bouillons. Une patiente russe m’ a raconté qu’une de ses grand-tantes, après chaque enterrement, se faisait servir une partie très précise de l’arrière patte d’un mammifère sous forme de bouillon. C’était son antidépresseur !

«Un bon bouillon peut ressusciter les morts»

proverbe sud-américain

On consomme des produits de la mer et leurs œufs, des œufs de poules élevées en plein air, des légumes variés, des fruits, des noix et des graines, en tenant compte des intolérances, qui, bien souvent disparaissent en cours de régime.
Pour nourrir la bonne flore on fait fermenter légumes, produits laitiers, viandes et poissons qui sont ainsi prédigérés et deviennent des probiotiques naturels.
Quand on a rééquilibré la bonne flore, la muqueuse intestinale guérit et de nombreux symptômes disparaissent

On consomme des graisses végétales de l’huile d’olive aux bienfaits démontrés, mais aussi de l’huile de colza, de noix, de cameline, de chanvre dont de nombreuses recherches ont montré que leurs oméga-3 améliorent les troubles de comportement.

 

Mais ces huiles doivent impérativement être consommées crues, relativement rapidement et conservées au frais une fois entamées.
Pour cuisiner, on utilise les graisses saturées, dont notre cerveau, très adipeux a grand besoin (beurre clarifié ou ghee, graisse d’oie ou de canard, saindoux et huile de coco). Stables à la chaleur, ces graisses aux nombreux bienfaits étaient consommées depuis toujours jusqu’aux années 1960, où elles furent diabolisées par l’industrie agro-alimentaire des huiles végétales qui ne voyait aucun profit à faire avec les graisses naturelles. Malgré de nombreuses recherches en leur faveur, elles peinent à être réhabilitées. Il est intéressant de regarder la composition du lait maternel (48 % de graisses saturées) pour se convaincre de nos besoins.

« Que ton aliment soit ton médicament. »

Hippocrate

Compléments

Un probiotique bien choisi, de l’huile de foie de morue, des acides gras essentiels, parfois même des enzymes digestives peuvent être recommandés mais ces compléments ne conviennent pas à tout le monde.

Désintoxication

Pour renforcer le système de désintoxication affaibli, les jus de légumes et de fruits sont consommés quotidiennement.
Les bains de sel de mer, de sel d’Epsom, de vinaigre ou d’algues, les expositions à l’air et au soleil, et l’éviction de sources toxiques comme les produits d’entretien, cosmétiques ou peintures chimiques, qui en traversant la peau se retrouvent rapidement dans le sang, font partie du processus.

« L’homme heureux va bien de l’intestin. »

Bouddha

Ce protocole est contraignant et demande de l’organisation mais il est limité dans le temps. Chacun évoluant de manière individuelle, il permet de découvrir son propre fonctionnement et de participer activement à l’amélioration de sa santé. Il permet aussi de constater que le corps a de surprenantes capacités de régénération et de guérison, pourvu qu’on lui apporte ce dont il a besoin et qu’on le considère comme un tout et non en un assemblage de pièces détachées.

Ce texte est un aperçu du livre de Natasha Campbell Mc Bride, le syndrome entéropsychologique que je vous conseille de lire.

Souhaitons de voir à l’avenir de plus en plus de producteurs, agriculteurs, éleveurs heureux de produire des aliments de qualité apportant santé et joie de vivre. N’oublions pas qu’ils sont les premiers touchés par des maladies terribles dues aux traitements. Les enfants sont également trop souvent et de plus en plus jeunes atteints de maladies dégénératives. La concurrence, avec la nourriture industrielle proposée partout, est démesurée. Espérons devenir plus nombreux à considérer que l’alimentation n’est pas que source de plaisir à court terme, même s’il ne faut pas l’oublier, mais qu’elle constitue aussi une véritable nourriture de notre être dans sa globalité.

 

Le plus difficile est probablement le cas des adolescents ou jeunes adultes qui vont mieux après quelques mois de régime à la maison, retournent dans le monde extérieur et, probablement pour être un peu plus «comme les autres», se jettent sur la nourriture industrielle disponible partout et, pour leur malheur, bon marché. Ils replongent alors et se retrouvent bientôt à nouveau hospitalisés. Le régime n’est pas admis dans les institutions. Il est même bien souvent rejeté avec beaucoup de mépris sous prétexte qu’il n’a pas fait ses preuves scientifiquement. Et le jeune à qui, dans cette circonstance précise, on demande son avis, risque fort de faire le choix de la nourriture «normale» ce qui lui permet de contrer ses parents au détriment de sa santé. La lutte est inégale.

 

Pour eux des structures où ils seraient accompagnés en petits groupes avec leur traitement habituel et ce type d’alimentation pourrait leur être très profitable. Ils pourraient y apprendre ensemble à cuisiner, jardiner, pratiquer l’apiculture, communiquer avec les chevaux… Bon, je rêve, but « I’m not the only one… »
Car ce qui n’est pas tenable pour eux est l’isolement. Espérons qu’à l’avenir des gens courageux prendront ce type d’initiatives.

credit : stefano forlini

Questions fréquentes au sujet du régime Gaps

Est-ce que vous êtes sûre que mon enfant va complètement guérir ?

Nous sommes tous particuliers et personne ne peut dire comment et à quel rythme un individu va réagir. Chacun évolue plus ou moins et plus ou moins rapidement. Je n’ai encore jamais rencontré quelqu’un dont l’état de santé ne s’améliore pas avec ce régime pour peu qu’il le suive avec assiduité.
Dans le processus de guérison, il y a des hauts et des bas, des moments de retours des symptômes qui peuvent être décourageants. Le plus important est de se rappeler que le régime ne durera pas toute la vie mais qu’il faut s’y tenir strictement sinon on perd beaucoup de temps. Les affections que l’on accompagne dans ce protocole sont invalidantes et les causes plurifactorielles. J’encourage à suivre d’autres pistes (homéopathie, énergétique, thérapies diverses) pour se donner toutes les chances de réussite.

 

Est-ce que ce régime n’est pas trop gras ?

La question des graisses est primordiale. Il est donc important de bien s’informer à ce sujet. A ce propos relire les pages qui les concernent dans l’ouvrage le syndrome entéro-psychologique du Docteur Natasha Campbell Mc Bride. Il faut savoir que nous vivons dans une véritable phobie des graisses alors que nous en avons un besoin important. Le cerveau, les muscles, la moelle, la myéline et la membrane de chacune de nos cellules sont adipeux, ça veut dire qu’ils sont composés de graisse et qu’ils en ont besoin en grande quantité pour leur propre fonctionnement.
Nous avons besoin des graisses polyinsaturées et des omégas 3 dont de nombreuses recherches ont prouvé qu’elles sont efficaces dans les problèmes de comportement, d’hyperactivité et de dyslexie. Et cela commence à être connu. Mais nous avons besoin aussi des graisses saturées qui ont mauvaise presse depuis une cinquantaine d’années, mais à tort.

 

D’où vient-cette phobie des graisses saturées?

Revenons un peu en arrière. A la fin des années 50, un chercheur du nom de Ancel Keys annonce que les maladies cardio-vasculaires viennent des huiles végétales hydrogénées. Un peu avant il avait aussi dit que les graisses saturées étaient responsables. C’était un chercheur. Il émettait des hypothèses.
Devant la menace, l’industrie des huiles de cuisine qui ne voyait aucun profit à faire avec les graisses animales, s’est emparée de ces informations pour dénigrer les graisses saturées et promouvoir les graisses végétales (maïs, soja, tournesol) à grand renfort de publicité étayée par des « experts » à leur solde. C’est donc cette version qui a circulé. Et on a vu les maladies cardio-vasculaires augmenter.
La vraie science qui elle a moins d’argent pour communiquer disait dans le même temps que ce sont les graisses transformées, hydrogénées, les huiles de cuisson végétales qui étaient responsables de l’athérosclérose, du cancer et des maladies cardiaques.
En réalité, les graisses saturées protègent le cœur, diminuent l’athérosclérose, sont la source favorite des muscles du coeur, diminuent les dépôts de calcaire dans les artères et sont extrêmement profitables au système immunitaire, elles aident aussi à mieux assimiler les omégas 3 et 6.
Une des huiles les plus saturées est végétale, c’est l’huile de coco. Elle est thérapeutique pour soigner les maladies dégénératives car elle contient de l’acide laurique.
Pour cuisiner nous utilisons donc les graisses de canard, d’oie, le saindoux, le ghee, beurre que les Indiens consomment depuis des millénaires, débarrassé du lactose par cuisson douce.

 

Et si je suis végétarien ?

Effectivement ce n’est pas un régime végétarien.
Les bouillons de viande sont essentiels à la reconstruction de la muqueuse intestinale. Les patients Gaps digèrent plus facilement une protéine animale que des céréales ou légumineuses protégées dans leur cosse contenant des antinutriments. Celles-ci sont bien souvent sources de ballonnements et de gaz, en tout cas dans un premier temps. Il est tout à fait possible de les réintroduire plus tard, très progressivement, après les avoir fait fermenter.
Il faut aussi savoir qu’on ne mange pas de steak, principalement constitué de muscles ayant peu d’intérêt en ce qui nous concerne. Nous préférons les morceaux moins nobles, jarret, palette, queue, pattes, têtes, organes et moelle, tête, arrêtes et queue des poissons, carcasses des crustacés qui sont bien souvent jetés. C’est bien le collagène, le cartilage, la gélatine contenus dans ces « déchets » sous forme de bouillon qui fournissent la matière nécessaire à la réparation de la muqueuse.
Il s’agit de comprendre les enjeux devant des maladies aussi invalidantes que celles dont il est question ici.
Des parents végétariens sont venus me voir pour leur fils autiste. Ils auraient préféré que leur enfant suive le même régime qu’eux. Devant ses difficultés, ils ont accepté d ‘essayer. Au début ils supportaient même avec difficulté jusqu’à la simple odeur de la viande qui cuisait. Quelques mois plus tard, devant les progrès de leur enfant, ils se sont félicité d’avoir fait ce choix. Ayant adopté les bouillons pour eux-mêmes, ils ont vu leur propre santé s ‘améliorer.

 

Je suis déjà très mince. Est-ce que je ne vais pas maigrir ?

Ce changement alimentaire agit un peu comme un révélateur. Très souvent au début, on perd 2 à 3 kilos, car on perd de l’eau. On découvre alors le véritable état de carence dans lequel est le corps.
Très rapidement on reprend du poids car ce n’est pas qu’un régime d’éviction mais il est aussi très nutritif. Les os deviennent plus denses, plus lourds. Les gens reprennent des joues et un beau teint. Tout le corps en profite.